La Chambre des représentants analyse un projet de loi qui vise à ériger en infraction pénale le fait de partager ou de divulguer des informations fausses ou “incomplètes” sur Internet. La proposition, du député Luiz Carlos Hauly (PSDB-PR), prévoit 2 à 8 mois de détention et le paiement d’une amende.
Selon le texte du projet de loi 6.812/2017, c’est un délit ?de divulguer ou de partager, par quelque moyen que ce soit, sur le web, des informations incomplètes fausses ou préjudiciables au détriment d’une personne physique ou morale ?
La peine prévue pour celui qui commet l’acte est comprise entre 1,5 mille et 4 mille par jour, étant entendu qu’il appartient au juge de déterminer le moment. L’argent serait reversé au Fonds pour la défense des droits diffus, qui est lié au ministère de la Justice et vise à réparer les dommages causés à l’environnement, aux consommateurs, aux biens et aux droits et à d’autres intérêts diffus et collectifs.
Dans sa justification, le membre du Congrès Luiz Carlos Hauly déclare que des actes tels que la diffusion de nouvelles fausses et incomplètes sur l’Internet ?causent des dommages graves, souvent irréparables, tant pour les particuliers que pour les entreprises, qui n’ont pas garanti le droit de la défense sur les faits faussement divulgués ?
Il est vrai que les fausses nouvelles ont été un gros problème sur Internet, à tel point que Facebook et Google développent des technologies pour lutter contre la propagation des rumeurs. Mais il faut faire attention à ne pas créer une loi qui servirait d’outil de censure. Aussi, bien que le concept de “vérité” semble évident, il n’est pas toujours facile de déterminer quand une nouvelle est “fausse”. Sans compter qu’avec une lourde amende, cela peut surtout décourager le journalisme d’investigation.
La proposition est actuellement examinée par la commission de la Constitution, de la justice et de la citoyenneté de la Chambre des représentants, et sera ensuite soumise à la plénière.
perlmOl 059 ? N’en croyez pas vos yeux
Qui est à blâmer pour la diffusion de fausses nouvelles sur Internet : les personnes qui partagent tout sans vérifier la véracité de l’information ou les entreprises technologiques ? Facebook et Google développent des technologies pour ramener la vérité à la vie, soit avec des algorithmes de intelligence artificielle, soit avec l’aide d’humains qui font un travail indépendant de vérification des faits.
Le problème des rumeurs sur Internet a atteint un nouveau niveau avec les réseaux sociaux, à tel point que le dictionnaire Oxford a choisi “l’après-vérité” comme mot de l’année 2016. Le terme décrit des situations dans lesquelles les faits comptent moins que les émotions pour façonner l’opinion publique. Comment faire face à un monde où la vérité a été remplacée par la croyance ? Jouez le jeu et venez avec nous !
