Comment stocker et partager vos fichiers personnels ? Avec la baisse des prix des services en nuage, j’ai laissé une bonne partie de mes données dans la Dropbox. Mais dans de nombreux cas, il est plus pratique d’avoir l’information physiquement de notre côté, sans dépendre de la connexion internet, pas toujours fiable. C’est pourquoi il existe des NAS, comme le Seagate Personal Cloud, récemment sorti en France.
Le Personal Cloud arrive plus d’un an après le lancement par Seagate de la Central, une NAS notoirement destinée au marché domestique : elle est extrêmement simple à utiliser, ne nécessite aucune installation compliquée et présente un design compact et discret pour être allumée et oubliée dans un coin. La nouvelle génération de NAS Seagate va dans le même sens, mais elle a été magnifiquement mise à niveau ? à l’intérieur comme à l’extérieur.
Cela en vaut-il la peine ? J’ai utilisé le Personal Cloud pendant un mois et vous pouvez consulter mes impressions ci-dessous.
Avant de commencer
En ouvrant la boîte du Personal Cloud, nous n’avons trouvé que trois éléments : une alimentation électrique, un câble RJ?45 et le NAS lui-même. Après avoir allumé l’appareil, il suffit de quelques minutes pour que le NAS apparaisse dans l’Explorateur Windows ou le Finder OS X. Par défaut, un seul dossier public est disponible, avec un raccourci vers la page de configuration initiale, qui est très intuitive et en anglais.
La version que j’ai testée dispose d’une capacité de stockage généreuse de 5 To, mais Seagate n’a officiellement introduit dans le pays que le Personal Cloud de 3 To, avec prix suggéré de 1 299. Il existe également des versions avec deux disques durs internes, qui peuvent être utilisés ensemble pour augmenter l’espace (RAID 0) ou pour dupliquer des informations, en améliorant la sécurité (RAID 1), mais elles ne sont pas encore disponibles en France.
Conception
Le Personal Cloud est le produit à acheter, à installer et à oublier qu’il existe. Son design est discret et peut passer inaperçu dans l’électronique domestique. Les côtés sont en plastique noir givré, tandis que le dessus est recouvert d’une finition noire de type piano. L’enveloppe est composée de plusieurs détails triangulaires, même dans les sorties de ventilation.
À l’arrière, nous avons le bouton marche/arrêt, un port USB et un Gigabit Ethernet. Une agréable surprise est que Seagate a également mis un port USB 3.0 facilement accessible sur le côté droit. De cette façon, vous pouvez laisser le dos à un média “permanent”. (comme un disque dur externe pour étendre la capacité du NAS) et le côté pour connecter une clé USB, par exemple. La connexion n’est pas absente ici.
Un détail que j’ai remarqué au cours de ces semaines d’utilisation est que la version testée du Personal Cloud possède un disque dur qui émet un bruit supérieur à la moyenne lorsqu’il est activé. Comme le produit reste allumé 24 heures sur 24, il peut gêner les utilisateurs la nuit lorsque l’environnement est calme… Je ne pense pas qu’il suffise de réveiller quelqu’un, mais c’est quand même gênant.
Logiciel
La page d’administration du Personal Cloud est l’une des plus cool que j’ai jamais contactée. C’est certainement plus simple que le DSM (DiskStation Manager) de Synology, par exemple, mais nous parlons d’une NAS nettement moins chère. Par rapport à WD My Cloud et Seagate Central, deux NAS de la même catégorie disponibles en France, la différence est remarquable.
Tout en haut, on voit un écran avec les applications installées sur le Personal Cloud, la principale différence par rapport au modèle précédent. Au lieu de vous limiter aux fonctions standard du NAS, vous pouvez installer des logiciels comme BitTorrent Sync (pour synchroniser les fichiers de manière pratique entre ordinateurs), Plex Media Server (un serveur média presque magique) et même gérer un blog basé sur WordPress.
Même les fonctionnalités natives ne déçoivent pas. Download Manager possède une fonctionnalité que je considère comme essentielle sur un NAS : la possibilité de télécharger, même avec la prise en charge des torrents. Ainsi, au lieu de laisser l’ordinateur allumé en téléchargeant un fichier lourd, vous pouvez garder uniquement la NAS, qui consomme moins d’énergie et qui est allumée en permanence.
Le gestionnaire de sauvegarde vous permet non seulement de sauvegarder le NAS et de montrer un tutoriel sur la façon de sauvegarder automatiquement les PC et les Mac sur votre réseau, mais il prend également en charge les services de stockage en nuage (Google Drive et Dropbox). Cela permet de réunir le meilleur des deux mondes : vous pouvez conserver vos fichiers dans le Cloud, facilement partageables sur Internet, et disposer d’une copie locale rapidement accessible.
App Manager est une sorte de magasin d’applications Personal Cloud. Pour l’instant, seuls sept sont disponibles, mais je crois qu’ils couvrent tous les besoins d’un utilisateur à domicile :
BitTorrent Sync : si vous devez garder vos fichiers synchronisés entre deux ou plusieurs ordinateurs, mais que vous ne voulez pas les envoyer dans le Cloud, la meilleure façon de le faire est avec BitTorrent Sync. Le seul point “négatif” est qu’au moins un ordinateur contenant les fichiers doit être connecté à l’internet (il est donc parfaitement logique de l’installer sur un NAS).
ElephantDrive : peu connu en France, c’est un service de stockage dans le Cloud, comme Dropbox et Google Drive, mais avec une orientation NAS. Coûteux : le forfait gratuit offre 2 Go et l’abonnement de 9,95 USD par mois ne dispose que de 100 Go d’espace.
Plex Media Server : probablement le meilleur serveur média sur le marché. Il organise automatiquement vos films et séries, en téléchargeant les sous-titres, les descriptions et les couvertures, ce qui vous permet de les regarder sur n’importe quel appareil compatible.
Applications mobiles
Sur iOS et Android, le contenu du Personal Cloud est accessible via l’application Seagate Media. Aucune configuration n’est requise : dès la première ouverture de l’application, celle-ci recherche sur le réseau les appareils compatibles. Une fois que le NAS est localisé, vous pouvez y accéder même lorsque vous êtes loin de chez vous sur un réseau 3G.
Les fichiers stockés dans le Cloud personnel sont classés dans Seagate Media : vous pouvez choisir de ne visualiser que des vidéos, des photos, de la musique ou des documents. Les chansons sont séparées par album, artiste, genre ou playlist, il est donc facile de les trouver au milieu du désordre.
La fonction de téléchargement automatique de photos du smartphone vers le Personal Cloud est particulièrement intéressante, une fonction qui est également présente dans les applications de Dropbox, Google Drive et OneDrive. La seule différence est que les images sont envoyées sur votre propre nuage. Après tout, la sauvegarde n’est jamais de trop.
Performance
Le Personal Cloud peut atteindre des taux de transfert tout à fait satisfaisants. Pour faire le test, j’ai stocké un fichier décompressible de 5 Go dans la mémoire vive de l’ordinateur source (pour m’assurer qu’il n’y aurait pas de goulot d’étranglement) et je l’ai copié par Robocopy, un outil natif de Windows, via un réseau à 1 Gb/s.
Dans ce test, le Personal Cloud a atteint 51,44 MB/s en lecture et 44,15 MB/s en écriture. Ces vitesses sont plus que suffisantes pour diffuser des vidéos haute définition sur plusieurs machines en même temps et occupent la moitié de la capacité d’un réseau gigabit. Bien que les chiffres soient inférieurs à ceux du WD My Cloud, le Personal Cloud fonctionne bien comme un NAS domestique.
Les applications tierces, cependant, ont été un peu décevantes. Le matériel simple du Personal Cloud, composé d’un processeur Marvell Armada 370 1,2 GHz et de 512 Mo de RAM, est insuffisant pour faire fonctionner WordPress de manière satisfaisante, et l’envoi de fichiers vers le ownCloud est parfois un processus long. Heureusement, le Plex fonctionne de manière satisfaisante… bien qu’il ne permette pas le transcodage en temps réel, comme on peut s’y attendre avec un appareil de cette taille.
Conclusion
Si vous recherchez un NAS pour partager des téraoctets de fichiers sur le réseau domestique, nous parlons de une des meilleures options dans le segment des bas prix (qui en France n’est pas si bas).
Il est difficile de considérer une ENA comme attrayante du point de vue des coûts et des avantages. Étant un produit de niche, le prix de 1 299 for 3TB Personal Cloud en France est disproportionnellement élevé par rapport à un disque dur externe. Aux États-Unis, la différence de prix est beaucoup plus faible, ce qui encourage l’achat par des personnes “normales”: vous pouvez trouver l’appareil pour 163 € (3 TB), 200 €(4 TB) et 238 € (5 TB).
Le grand avantage de la NAS de Seagate est certainement le logiciel. J’ai été assez impressionné par l’évolution depuis Seagate Central, qui n’avait pas beaucoup de fonctionnalités autres que de laisser des fichiers sur le réseau et de servir des médias via DLNA. Le Personal Cloud dispose d’une interface web beaucoup plus élaborée et pleine de ressources. Seule la présence native de Plex est déjà un bel avantage par rapport à l’ancien Seagate Central ou WD My Cloud.
Êtes-vous prêt à payer plus cher pour avoir les commodités du nuage personnel ? Pouvez-vous l’acheter à un prix moins prohibitif en l’apportant de l’extérieur ? Si l’une des réponses est oui, le Seagate Home NAS est une excellente option pour prendre place à côté de votre routeur.
