En 1990, l’acteur allemand Walter Sedlmayr a été retrouvé mort dans son appartement à Munich. Selon la police locale, il a été ligoté, poignardé à l’abdomen et frappé à la tête avec un marteau par Wolfgang Werle et Manfred Lauber, ses anciens associés qui, après un long séjour en prison, ont été libérés sur parole en 2007 et 2008, respectivement.
Comme une loi allemande des années 1970 prévoit de protéger les noms des criminels condamnés après le paiement de leur dette envers la société, les noms des deux tueurs ont été retirés de l’entrée Wikipédia allemande sur le sujet. Fin de l’histoire ?
Non, bien sûr.
L’affaire, qu’il fallait tout oublier, est revenue sur le tapis après que le duo ait décidé de rejoindre ses forces et de poursuivre l’organisation qui contrôle Wikipédia dans le monde entier pour faire retirer leurs noms des articles sur ce qui s’est passé dans toutes leurs langues.
Pour sa défense, Alexander H. Stopp (quel nom commode), avocat de Werle and Lauber, cite même George Orwell, l’auteur du livre 1984, affirmant que “qui contrôle le passé contrôle aussi le futur” et demande donc que les noms de ses clients soient retirés du site sous peine de devoir payer une amende journalière équivalente à 13 000.
Les juristes de l’encyclopédie libre sont plus pragmatiques et rappellent au New York Times que le texte du sujet “est protégé par le premier amendement” qui, entre autres, interdit les limites à la liberté d’expression.
L’une des questions soulevées par Wikipédia est que le résultat d’un tribunal allemand n’a aucun rapport avec l’organisation, qui “n’opère pas ou n’a pas d’actifs dans le pays”, excuse très similaire à celle utilisée par Google à l’époque où Orkut a provoqué ses premières horloges judiciaires.
Il ne reste plus qu’à savoir ce que Stopp va faire de la publicité négative que ses clients ont faite de toute cette histoire.
