Le diabète touche plus de 400 millions de personnes dans le monde. Beaucoup souffrent de diabète de type 1 : c’est lorsque le système immunitaire attaque les cellules du pancréas qui produisent l’insuline, une hormone qui contrôle le taux de glucose dans le sang.
Plusieurs scientifiques travaillent à la création d’un “pancréas artificiel”, c’est-à-dire une technologie destinée aux personnes diabétiques qui contrôle automatiquement le niveau de glucose dans le sang. Un groupe de l’Université de Harvard a réussi dans cette entreprise.
Les personnes atteintes de diabète de type 1 ne peuvent pas transformer le glucose en énergie pour l’organisme. Le taux de glucose sanguin augmente après les repas, ce qui provoque une faiblesse, une fatigue et une soif excessive. Sans traitement, des problèmes rénaux, des blessures aux yeux et d’autres problèmes peuvent survenir.
Les patients doivent donc s’injecter de l’insuline à intervalles réguliers. Cependant, l’excès de cette hormone entraîne également des problèmes : l’hypoglycémie (faible taux de glucose dans le sang) provoque des palpitations, de la faiblesse, une vision trouble et une perte de conscience.
Dans cette optique, des chercheurs de Harvard ont testé un pancréas artificiel qui fournit automatiquement les niveaux d’insuline appropriés. “organe” ? une pompe à insuline avec un moniteur de glucose ? se connecte par Bluetooth via un smartphone.
Un algorithme sur le smartphone contrôle le pancréas artificiel, régulant les niveaux de sucre en fonction de critères tels que l’activité physique, les repas et le sommeil. Il affine les niveaux d’insuline au fil du temps, en tirant des enseignements de la routine du patient, et envoie des données aux médecins via la 3G/Wi-Fi.
Pendant les 12 semaines du test, 30 patients atteints de diabète de type 1 aux États-Unis ont suivi leur routine quotidienne normale, tandis que le pancréas artificiel surveillait leur taux de glucose et dosait automatiquement l’insuline dans le sang.
L’algorithme MPC (model predictive control) ne tente pas de maintenir une valeur de glycémie constante. Il définit plutôt une zone de glycémie acceptable et contrôle les variables (doses d’insuline, heures de repas, etc.) pour rester dans cette fourchette.
Et ça a marché ! Les patients ont eu une réduction de leur A1c, qui indique un “excès” de sucre dans le sang ; ils ont également passé moins de temps en hypoglycémie. L’étude a été publiée dans le magazine Diabetes Care.
D’autres essais et approbations réglementaires sont encore nécessaires pour la mise sur le marché, mais la technologie est prometteuse. En 2014, des chercheurs de l’université de Boston ont créé un pancréas artificiel contrôlé par un iPhone modifié. Et l’année dernière, l’ingénieur en logiciel Jason Calabrese a utilisé un module Intel Edison et un logiciel open source pour surveiller le glucose de son fils et lui administrer automatiquement de l’insuline.
