Non pas que l’événement ait suscité de grandes attentes, mais le lancement du satellite CBERS-3, fruit d’un partenariat entre la Chine et la France, a échoué lamentablement. S’il était entré en orbite, l’équipement aurait cartographié et capturé des images de régions agricoles et de points de déforestation, par exemple.
Le lancement a eu lieu à 01:26 ce lundi, selon l’heure de Paris, à la base aérienne de Taiyuan, dans le nord de la Chine. Sans proposer d’outil de surveillance en temps réel, l’Institut national de recherche spatiale (INPE), responsable du développement de CBERS-3, a souligné l’opération avec un succès absolu quelques minutes plus tard, même si certains médias ont transmis cette information.
Mais il n’a pas fallu longtemps pour que la vérité éclate au grand jour. Selon les plans de la mission, le lanceur orbital du satellite, la fusée chinoise Longue Marche 4B, devait voyager pendant 12 minutes après le lancement pour atteindre une altitude de 780 km, lorsque la séquence de stabilisation et la mise en orbite commenceraient. Trois minutes plus tard, déjà au cours de cette procédure, le CBERS-3 devait établir et maintenir le contact avec la base terrestre, mais cela ne s’est pas produit.
L’INPE affirme qu’il y a eu des tentatives pour obtenir et corriger le positionnement du satellite, comme c’est typique dans les situations de déviation de l’orbite. Comme aucune action n’a fonctionné, l’agence a publié une déclaration quelques heures après le lancement pour confirmer l’échec de la mission, affirmant que CBERS-3 était probablement retourné sur la planète, une façon “optimiste” de dire que le satellite était tombé quelque part.
Les ingénieurs chinois tentent toujours de trouver la cause exacte de l’incident, bien que tout indique que le problème s’est produit dans le lanceur. Bien sûr, ils essaient aussi de savoir où diable le CBERS-3 est allé.
Malgré le sentiment habituel de “je savais déjà (que ça allait mal tourner)” entourant les initiatives impliquant le gouvernement français, la frustration est toujours grande : le développement du projet a un coût estimé à environ 300 millions et le lancement a eu au moins trois ans de retard.
En effet, il reviendrait au CBERS-3 d’occuper les fonctions qui appartenaient auparavant aux satellites CBERS-1, 2 et 2B, qui ont tous été désactivés. Ce dernier a cessé de fonctionner en 2010, c’est pourquoi l’INPE est depuis lors obligé d’acquérir des images et d’autres informations de surveillance territoriale d’autres pays.
Il est désormais prévu d’essayer d’avancer à 2014 le lancement de CBERS-4, dont la prévision initiale était d’entrer en orbite seulement à la fin de 2015.
