Après presque sept mois de voyage, InSight est finalement arrivé à destination : lundi après-midi (26), la sonde de la NASA s’est posée avec succès sur Mars. Quelques minutes après l’atterrissage, la première image de la mission a été transmise à la Terre ? la première d’une longue série.
Compte tenu de la complexité de la procédure, les minutes avant l’atterrissage ont été marquées par la nervosité et l’appréhension au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA à Pasadena, en Californie. Mais une fois l’atterrissage confirmé, le site a connu une explosion de célébrations.
Des célébrations méritées : la sonde s’est déplacée à 19 800 km/h et a vu sa vitesse réduite à 8 km/h dans un intervalle de sept minutes pour atterrir avec le moins d’impact possible sur le sol martien. Le moindre oubli peut être fatal.
Mais tout s’est arrangé. À l’approche, InSight a lâché son module de croisière, a manœuvré pour que son bouclier thermique très résistant puisse le protéger de la chaleur provenant de son entrée dans l’atmosphère de la planète – la température était alors estimée à 1 500 degrés Celsius – et, à trois minutes du sol, a libéré son parachute de près de 12 mètres de diamètre.
Dans la phase finale, la sonde s’est libérée du parachute, a encore réduit sa vitesse à l’aide de rétrofusées et, comme prévu par la NASA, a fait son atterrissage. Quelques heures plus tard, InSight se préparait déjà à positionner ses panneaux solaires. C’est une autre étape critique, après tout, leurs batteries doivent être chargées.
La mission d’InSight
Le nom InSight est une référence à l’exploration intérieure à l’aide d’investigations sismiques, de géodésie et de transport de chaleur.
Comme l’indique clairement ce nom étendu, l’objectif principal de la mission est d’étudier la partie intérieure de Mars, et pas seulement l’atmosphère et la surface, comme cela avait été fait jusqu’alors.
A cet effet, un sismomètre (équipement qui détecte les mouvements ou les vibrations du sol) sera installé par un bras robotisé pour aider la NASA à étudier, entre autres, le diamètre des couches qui forment l’intérieur de la planète.
Un autre équipement essentiel est un capteur thermique qui sera installé à un point situé entre trois et cinq mètres sous la surface. L’une de ses fonctions sera d’aider les chercheurs à déterminer dans quelle proportion le sol libère de la chaleur.
Pratiquement tout est complexe dans des missions comme celle-ci, y compris le positionnement des équipements. La NASA estime que cette étape pourrait prendre jusqu’à trois mois. C’est parce que chaque procédure doit être menée avec soin. Dans l’un des premiers, InSight devra envoyer des photos aux chercheurs pour décider où installer les appareils.
Cela ne signifie pas que dans les prochains mois, la sonde se contentera de prendre des photos comme un touriste. Une troisième pièce d’équipement – une sorte de station météorologique compacte – surveillera les paramètres liés au climat de l’Elysium Planitia, la région de Mars où la sonde a atterri.
Comme nous l’avons dit précédemment, la première photo a déjà été envoyée. Il s’agit de cette étrange image juste en dessous, enregistrée deux minutes après l’atterrissage. Les taches sombres proviennent de la poussière que la sonde a soulevée à l’atterrissage et qui, par conséquent, a recouvert la protection de la caméra. A côté d’InSight se trouvaient également deux petits satellites chargés d’envoyer les données télémétriques de la sonde. L’un d’eux a transmis la photo.
Si les plans sont suivis à la lettre, la mission d’InSight durera une année martienne, ce qui correspond à 687 jours terrestres. Cela signifie que les collectes d’informations devraient durer jusqu’à la fin de l’année 2020.
La NASA espère que la mission permettra de clarifier la façon dont Mars s’est formée et ce qui l’a conduite à se transformer en un désert inhospfrancer, même si elle avait des caractéristiques initiales similaires à celles de la Terre. La sonde devrait également fournir des informations pour aider les missions habitées sur la planète.
C’est le huitième vaisseau de la NASA à se poser sur Mars. Les coûts d’InSight ont été estimés à 993 millions de euros.
